Réseaux mobiles et objets connectés au secours du télétravail

Réseaux Wifi, 4G et objets connectés contribuent à sécuriser, informer et apporter davantage de services. Premiers bénéficiaires, le professionnel de santé et le télétravailleur en confinement.

Quel plan de continuité d’activité suivez-vous face à la pandémie Covid-19 ? Sur la ligne de front, les chercheurs, médecins et infirmiers luttent ensemble auprès des victimes, pour trouver un vaccin et le diffuser dès que possible. Dans un contexte de crise sanitaire mondiale, la collaboration à distance, la visioconférence et le télétravail s’étendent à tous les secteurs.

Certes, la mobilité des salariés est provisoirement restreinte mais elle reprendra bientôt, sans doute sous une nouvelle forme. D’ici là, il s’agit de vivre cette période difficile aussi bien que possible, en croisant le moins possible de personnes, donc en travaillant de chez soi.

« Nous finalisons une application destinée aux travailleurs distants et à leurs managers. Grâce à elle, les utilisateurs mobiles téléchargent les formulaires du gouvernement, font leur compte-rendu d’activités ou adressent une demande de congés. Ils restent connectés à leur hiérarchie où qu’ils soient, depuis leur téléphone », indique Yann De Saint Vaulry, le PDG de l’éditeur Daxium.

La plupart des salariés de ses grands clients sont cantonnés chez eux, mais ils continuent à collaborer entre eux, par messagerie instantanée et en visioconférence.

S’adapter aux besoins du terrain

Les consultations médicales à distance se développent, grâce au déploiement de la fibre optique (FTTH) ou au routeur 4G et bientôt 5G : « Les réseaux mobiles à haut débit apportent une qualité d’images précieuse pour vérifier un syndrome. Avec la mise à disposition d’objets connectés, le médecin généraliste peut envoyer depuis sa tablette ou son smartphone les résultats d’un ECG (électrocardiogramme), et obtenir une analyse rapide, dès lors que son prestataire dispose d’un agrément HADS (Hébergement agréé des données de santé) », précise le manager.

Dans les transports et l’énergie, on prépare aussi les prochains processus de terrain. « Les besoins métiers sont très liés à l’exploitation avec des enjeux de sûreté et de maintenance. C’est le cas chez EDF, à la RATP, à la SNCF, chez Air France ou à la Société du Grand Paris », illustre Florence Erpelding, représentante déléguée de l’AGURRE, l’Association des grands utilisateurs de réseaux radio d’exploitation.

Les collectivités suivent une logique de territoires intelligents, tandis que les sites industriels se ré-inventent. « A Toulouse, Airbus étend la dématérialisation de ses processus au téléchargement automatique d’instructions et de plans numériques vers le terminal de ses agents. Autre exemple, HubOne a obtenu de l’Arcep l’autorisation d’utiliser des fréquences dans la bande des 2,6 GHz pour muscler ses réseaux d’Orly et de Roissy CDG, en lien avec Air France. Ils couvrent ainsi de vastes zones en surface jusqu’aux sites techniques du 4ème sous-sol. Dans ces environnements très métalliques, les réseaux grand public ne permettent pas de répondre aux besoins métiers », explique-t-elle.

Prendre des décisions instantanées

Un autre cas d’usage fréquent concerne la vidéo-surveillance, un segment de l’IoT caractérisé par de volumineux flux vidéo traités parfois en temps réel. Pour autant, les opérateurs mobiles nationaux n’espèrent pas, dès cette année, des recettes 5G significatives provenant de contrats professionnels.

« Il s’agit de marquer son territoire dans un premier temps. Le réseau 5G ne sera pleinement opérationnel qu’en 2022-2023. L’expérience client deviendra alors transparente quel que soit le support (fibre optique ou 5G) avec un débit de 1 Gbps. En outre, le découpage du réseau en tranches (slicing) permettra de créer des réseaux virtuels VPN dynamiques, au-dessus des fréquences radio. Un service temporaire pourra réserver une partie de la bande passante durant quelques minutes, sans saturation », anticipe un décideur d’Orange.

Du coup, une nouvelle concurrence pourra venir d’opérateurs mobiles virtuels (MVNO), voire d’acteurs disposant de fortes compétences métiers. Ces derniers chercheront à s’approprier le transport de données, à l’instar du gestionnaire de réseau de distribution d’électricité Enedis qui prépare un réseau mobile B2B alternatif pour ses clients.
Grâce à son délai de latence très faible, le réseau 5G facilitera la prise de décisions instantanées : « Une multitude de nouveaux services en temps réel s’adresseront à tous ceux qui partagent les mêmes voies de circulation (vélos, motos, autos, cars, camions, piétons, etc.). Par exemple, un véhicule pourra en doubler d’autres en exploitant les mesures des radars et des caméras embarquées dans les automobiles le précédant. »

Industriels et collectivités expriment des besoins de services mobiles distincts de ceux du grand public. Plusieurs d’entre eux se préparent à devenir opérateurs de services privés, en exploitant leurs propres fréquences dans la bande des 2,6 GHz.

Paris, le 24 mars 2020
Par Olivier Bouzereau pour Mobility for Business

Auteur de l’article : la Rédaction

la Rédaction
Olivier Bouzereau coordonne des projets de recherche collaboratifs Européens pour la communauté open source OW2 et pilote le développement de services métiers dans la santé, les transports et les services.

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