La SNCF mise sur l’innovation par le terrain

Processus Mobil’Idées et lieux d’innovation « 574 »  encouragent les partages collaboratifs et la mise au point rapide de prototypes opérationnels.

« Au niveau du terrain, les agents SNCF sont très impliqués dans la transformation digitale. C’est quelque chose de très concret qui vise l’excellence opérationnelle », explique Frédéric Blanchet, de la DSI du matériel, une branche de 15 000 salariés environ, près de 10% de l’effectif total. 

« Comme sur une voiture, la maintenance des trains est critique. Nos applications cherchent à optimiser l’efficacité tout en réduisant les risques, via le meilleur intervalle entre deux révisions notamment ».  C’est là que l’IoT, les terminaux mobiles et les applications de maintenance prédictive entrent en scène. 

Plus de 5 000 tablettes et de nombreux téléphones pro-perso sous Android – d’origine Samsung neuf fois sur dix – sont déployés. L’objectif consiste à équiper chaque agent de son propre terminal mobile. 

Un mode déconnecté crucial

Les agents ne sont pas couverts partout par un réseau 4G, lorsqu’ils interviennent en atelier ou sous un train par exemple : « Pour certaines de nos applications, on travaille nativement en mode déconnecté, grâce à la technologie offerte par la plateforme low code de Convertigo qui permet d’avoir cette souplesse », explique l’informaticien. 

En pratique, une petite base de données embarquée dans le smartphone ou sur la tablette est synchronisée régulièrement avec la base centrale via un protocole jugé robuste et efficace. 

Les infrastructures évoluent pour soutenir des applications critiques via des serveurs virtualisés. Elles devraient, à terme, rejoindre le cloud. 

« La transformation numérique reste un cheminement progressif. Un de nos objectifs consiste à généraliser la saisie en temps réel ; il n’est pas encore atteint pour toutes les applications. L’agent doit intervenir en fin de journée parfois. Par ailleurs, on expérimente un chatbot pour faciliter les demandes de support. Un autre but, pour la DSI, consiste à délivrer un portail d’API afin de composer et d’intégrer plus simplement les nouvelles applications ». 

Innover à grande vitesse

Les agents de maintenance et les labs IT coopèrent pour réaliser, ensemble et le plus rapidement possible, des prototypes opérationnels bâtis à partir d’idées pour gagner du temps ou pour ne pas en perdre au quotidien.

La réutilisation de composants logiciels est encouragée : « Ces idées sont mises en application autour de stacks open source. C’est une facilité importante et une tendance forte chez nous, encouragée par le processus Mobil’Idées justement conçu pour l’émergence d’idées du terrain. » 

Les « 574 » sont des lieux d’innovations et de partage collaboratifs qui mettent en relation les professionnels d’horizon distincts avec des écoles d’ingénieurs, des startups et des partenaires. Ce nom symbolique vient du record du monde de vitesse de train sur rails en conditions réelles, atteint par le TGV. Il souligne l’importance de mettre en pratique au plus vite les meilleures idées. 

« Une difficulté dans une grande maison avec un historique conséquent consiste à avoir un référentiel commun ; c’est pourtant la base. Les termes métiers varient parfois, ne serait-ce qu’à l’écriture. Notre cellule d’urbanisme cartographie et harmonise les flux entre applications, mais cela prend du temps. En revanche, lorsque nous parvenons à rapprocher un expert métier qui peut se libérer, d’un développeur et d’un scrum master de la DSI, l’innovation se concrétise très vite », conclut Frédéric Blanchet. 

Auteur de l’article : la Rédaction

la Rédaction
Olivier Bouzereau pilote le développement de services métiers, assure la dissémination de projets de recherche Européens et coordonne la communauté open source OW2.

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