L'IA pour renforcer sa résilience

Près des trois quarts des investisseurs sondés par le Boston Consulting Group considèrent les marchés surévalués et s’attendent à une récession d’ici à 2022. Investir dans l’IA pemettrait de contrer la fraude et d’améliorer la résilience de l’entreprise.

Après un fort rebond du marché des actions en 2019 (+24% selon l’indice MSCI World), les investisseurs deviennent prudents et attendent peu de rendement total pour les actionnaires durant les trois prochaines années.

Résilience et concurrence

La onzième enquête annuelle du Boston Consulting Group révèle des sentiments d’investisseurs contrastés. En effet, ils veulent que les entreprises continuent à investir pour trouver un avantage concurrentiel et poursuivre leur croissance tout en développant un plan de récession pour assurer leur résilience.

Jeff Kotzen,
associé principal du BCG

« Les données de notre enquête et les opinions exprimées par les investisseurs indiquent qu’ils souhaitent que les décideurs poursuivent un double objectif : renforcer la résilience pour se préparer aux vents contraires prévus à court terme et investir pour créer de la valeur à long terme » résume Jeff Kotzen, associé principal du BCG.

Autre enseignement de l’étude, 71% des répondants prévoient une récession au cours des deux prochaines années. Près des trois quarts d’entre eux (74%) s’attendent à ce que la récession – si elle se produit – soit modérée (avec une contraction de moins de 2% du PIB), et près de la moitié (46%) s’attendent à ce que la récession dure plus d’un an. Rappelons que, selon l’INSEE, un pays entre en récession quand son PIB se replie pendant au moins deux trimestres consécutifs.

L’entreprise doit avoir une compréhension approfondie des attentes et des préférences de ses investisseurs pour pouvoir aligner sa stratégie sur les bons types d’investisseurs naturels, qu’ils soient motivés par le rendement, la qualité, la croissance à un prix raisonnable, ou une croissance agressive.

La gestion des risques n’est qu’un élément du plan de récession, rappelle les six co-auteurs du BCG : « Pour résister et éventuellement prospérer face à des vents contraires macroéconomiques et sectoriels, l’entreprise doit être résiliente et agile. Elle doit également gérer étroitement sa base de coûts et ses dépenses en immobilisations pour garantir efficacité et flexibilité. Cette préparation devrait aider à réduire l’impact de la récession lorsqu’elle frappe. De plus, une telle gestion peut aider à générer des économies pour financer des investissements qui conduiront à la création de valeurs à long terme. »

Vers un leadership collectif

Plongés dans un contexte de profondes transformations, les décideurs sont confrontés à un crise de confiance qu’ils reconnaissent volontiers. Une étude récente du MIT menée avec Cognizant révèle un manque d’état d’esprit pour provoquer les changements stratégiques et culturels nécessaires et diriger dans la nouvelle économie. Seulement 12% des sondés – sur 4 000 cadres de 120 pays – s’estiment prêts à faire avancer leur organisation dans le bon sens avec leur comité de direction actuel.

Dans la nouvelle économie, les dirigeants aspirent à repenser ce qu’est un leadership efficace. Ils sont moins attachés à l’image du leader héros qu’à la construction d’une communauté de leaders à tous les niveaux de leur organisation. Ils montrent ainsi que la construction d’une capacité de leadership collectif est la voie la plus sûre vers un avantage concurrentiel dans le monde en évolution rapide.

L’IA pour lutter contre la fraude

L’accélération du commerce électronique et des achats en ligne multiplie les escroqueries aux moyens de paiement. L’intelligence artificielle peut contribuer à lutter contre de telles fraudes professionnelles comme elle contre déjà plusieurs cyber-attaques.

Adrien Basso-Blandin, Lead Data-Scientist chez Finexkap suggère de soigner l’expérience client :


Adrien Basso-Blandin

Lead Data-Scientist Finexkap

« Comparées aux méthodes traditionnelles, les applications issues de l’intelligence artificielle permettent d’améliorer le temps de détection et le périmètre de contrôle de la fraude, mais aussi de diminuer les frictions dans le parcours utilisateur. Cependant, qui dit IA, dit traitement de la data. Et c’est là où le bât blesse, principalement. »

Il recommande aux entreprises de commencer par des bases de données saines et structurées. « Un prérequis qui découle d’un travail titanesque de traitement, d’analyse et de structuration, coûteux en temps, en argent mais aussi en compétences. »

Pour faire de l’IA une réalité dans la lutte quotidienne contre la fraude, la pédagogie s’impose aussi, selon lui, face à des technologies qui ne sont aujourd’hui comprises que par des cercles restreints d’experts de la data.

« Les prestataires de services ont tous leur rôle à jouer dans ce processus de compréhension et de mise à disposition des technologies. Déjà, des acteurs comme Ingenico ou Paypal proposent aux petits e-commerçants des outils de détection de fraude clé en main. Pour convaincre les entreprises et rendre ces technologies attractives, la bataille va désormais se jouer autour de l’expérience client, notamment lors de l’onboarding, et la proposition de services à valeur ajoutée. Car ce que les entreprises cherchent, au-delà de la seule quantification de leur seuil de fraude, c’est la valeur à tirer de la connaissance de la donnée en termes d’opportunités commerciales et d’augmentation du chiffre d’affaires. »

Auteur de l’article : la Rédaction

la Rédaction
Olivier Bouzereau coordonne des projets de recherche collaboratifs Européens pour la communauté open source OW2 et pilote le développement de services métiers dans la santé, les transports et les services.

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