Quelle fabrique hybride pour les applications métiers ?

Plusieurs technologies et communautés innovantes permettent d’accélérer la mise en production de nouveaux services et d’associer un contrôle des coûts, où que les traitements soient déployés. 

Avec les migrations croissantes d’applications vers le cloud, une nouvelle génération d’outils de composition, de workflow et d’ordonnancement est utilisée, en mode agile, jusqu’au déploiement des services.

Une longévité de l’application supérieure à celle du datacenter

Denis Caromel, PDG d’ActiveEon

« Les machines d’un datacenter physique s’amortissent sur 3 à 5 ans, mais dans l’entreprise de nombreuses applications ont une durée de vie de 10 à 15 ans, voire davantage. Par exemple, nous fournissons au CNES des applications qui doivent vivre durant 25 ans car elles accompagnent la conception et l’exploitation de satellites », illustre Denis Caromel, fondateur et PDG de l’éditeur ActiveEon, membre de la communauté OW2, expert en automatisation IT et migration de workloads vers le cloud.

Simultanément, les applications d’analyse de données évoluent plus fréquemment, suivant un cycle d’intégration continu. Leur agilité devient donc essentielle en mode multi-cloud.

Compatible avec AWS, Azure, OpenShift, VMware et OpenStack, la plateforme résiliante d’ActiveEon permet à une application big data de réserver, en quelques minutes, jusqu’à 20 000 cœurs virtuels sur le cloud de Microsoft. « Les équipes métiers construisent elles-mêmes, sous une interface graphique, l’enchaînement de traitements à déployer à grande échelle », explique Denis Caromel.

Plusieurs clouds en soutien des métiers

Marc Frentzel,
Directeur Europe du Sud de VMware

« L’objectif de l’usine numérique consiste à fabriquer toutes les applications utiles aux métiers. D’ici à 2020, 75% des applications seront construites et non simplement achetées aux éditeurs. En outre, plus de 50% du trafic transactionnel sera généré par des bots, évalue le Gartner. Cela signifie que l’on prend en compte davantage d’outils et d’actions d’origines distinctes. Le logiciel tourne souvent sur plusieurs clouds ; il est consommé à la demande dans autant de silos indépendants », souligne Marc Frentzel, directeur Europe du sud de VMware.

Selon lui, l’objectif principal des DSI reste la continuité d’opération ; la mise en place de l’usine numérique hybride, pilotée par logiciels, correspond à un choix d’environnement utilisable par le plus grand nombre d’intervenants. Il cite les développeurs, les équipes IT en place et aussi les utilisateurs qui démarrent de nouveaux projets autour d’outils visuels simples, intégrant des services SaaS et tous types d’applications, en suivant une approche DevSecOps ; une application de co-voiturage d’entreprise, mise en œuvre sur Kubernetes, par exemple.

« L’intérêt du low code est de rendre accessible un maximum de capacités aux personnes moins rodées aux environnements de développement complexes. La plateforme PaaS CloudFoundry a été rendue libre il y a plusieurs années pour faire émerger une usine numérique interopérable et supervisable », poursuit-il.

L’enjeu reste au niveau du code 

La gestion du cloud hybride, des économies d’exploitation, des performances, du respect des règles de sécurité, de configuration et de conformité s’impose dorénavant.

Bastien Martins Da Torre,
Directeur Europe du sud de Sweagle

« Il faut rester indépendant et rester très vigilant sur la conformité de ses données, en particulier des identifiants d’accès et des mots de passe. Il faut garder le contrôle par rapport à cela », recommande Bastien Martins Da Torre, Directeur Europe du sud de l’éditeur Sweagle qui collecte et consolide les données d’applications d’entreprise.

En environnement hybride, avec des infrastructures physiques et virtuelles, cloud privé et public, Sweagle apporte une vue complète, exploitable de bout-en-bout, des éléments de configuration. Il souligne l’importance d’aligner les équipes, les processus et les technologies, tout en tirant profit d’échanges de bonnes pratiques.

« La façon de coder diffère selon que l’on déploie sur un cloud Amazon, Google ou Microsoft. Quel que soit leur niveau de maturité sur les environnements cloud, tous nos clients – banques, assureurs et opérateurs télécoms – ont des prototypes ou des applications tournant sur Docker, sur les clouds Azure et AWS et chacun rencontre une complexité d’interoperabilité. »

Auteur de l’article : la Rédaction

la Rédaction
Journaliste spécialisé, animateur de conférences et de la communauté open source OW2, Olivier Bouzereau s'intéresse au développement de services Web, aux infrastructures, au stockage et à la sécurité informatiques.

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