Cap sur les ports connectés d’Hambourg et de Rotterdam

IoT, Cloud, IA et réseaux 5G deviennent les technologies phares des autorités portuaires. En Europe, ces briques numériques guident l’évolution d’un nombre croissant d’activités. Cap sur Hambourg et Rotterdam.  

Depuis quelques mois, Rotterdam et Hambourg rivalisent d’applications expérimentales visant à fluidifier les trafics maritimes, fluviaux et terrestres.

Hambourg mise sur la virtualisation du réseau mobile 5G

Au nord de l’Allemagne, le port de Hambourg (8 000 hectares) teste les applications 5G. En particulier le découpage en tranches du réseau sans fil à haut débit fait l’objet d’un projet de recherche de deux ans baptisé 5G MoNArch (Mobile Network Architecture), mené conjointement avec Nokia et Deutsche Telekom. Les premières applications industrielles concernent la coordination de la signalisation, le traitement de données à partir de capteurs mobiles et la réalité virtuelle.

A Hambourg, le réseaux de télécommunications doit soutenir davantage de services et d’applications. Hub logistique et port touristique à la fois, ce site permet de tester les facultés des derniers équipements et antennes 5G. La collecte et le traitement de mesures environnementales vont s’effectuer en temps réel tandis que les applications de réalité virtuelle aideront à surveiller les infrastructures critiques, comme les ouvrages de lutte contre l’inondation. Chaque service pourra s’appuyer sur un réseau virtuel dédié de l’infrastructure 5G, une tranche du réseau mobile en cours d’expérimentation.

« La 5G offre un niveau de sécurité, de fiabilité et de rapidité inédit dans les réseaux mobiles. Nous découvrons de nouveaux cas d’usage, et commençons à recueillir une expérience de cette technologie de pointe. Elle sera bénéfique pour toute la ville de Hambourg et pas seulement pour le port », estime Jens Meier, le PDG de l’Autorité Portuaire de Hambourg.

Grâce à ses facultés de network slicing, le réseau 5G facilite l’adaptation dynamique et la souplesse requises par les applications réparties. L’expérimentation menée à Hamburg permet de vérifier le comportement des tranches du réseau mobile dans des conditions réelles, pour la première fois sur un site industriel en Allemagne.

Un second cas d’usage est prévu, à Turin en Italie, pour valider des applications multimedias cette fois, le projet 5G MoNArch étant financé en partie par l’Union Européenne, dans le cadre du programme Horizon 2020 (phase 2 du partenariat public-privé 5G-PPP).

« Ce banc d’essai à Hambourg forme une étape importante du développement de la 5G. Nous avons besoin d’une telle expérience pratique pour vérifier comment adapter au mieux notre réseau aux besoins des clients : la production industrielle et la logistique exploiteront la 5G comme un levier puissant pour de nombreuses applications », prévoit Claudia Nemat, directrice en charge de l’innovation technologique de Deutsche Telekom.

Gains de temps en maintenance et accostage à Rotterdam

Le port hollandais de Rotterdam (12 700 hectares) est le plus important d’Europe. Il s’appuie sur les objets connectés, l’intelligence artificielle et les prévisions météorologiques pour optimiser la gestion des trafics, accueillir les navires autonomes et, avec le soutien d’IBM, expédier de futurs composants de navires imprimés en 3D à la demande.  En effet, l’impression 3D aux chantiers navals de RDM Rotterdam s’appuie notamment sur la technologie cognitive IoT d’IBM, un bras de soudage robotisé étant conçu pour créer, à la demande, des hélices en 200 heures contre sept semaines en moyenne.

Environ  140 000 navires entrent dans le port hollandais chaque année, pour un total de 461 millions de tonnes de marchandises. Les compagnies maritimes et l’autorité du port cherchent à gagner une heure d’accostage, pour réaliser une économie d’environ 80 000 dollars et accueillir davantage de navires dès que possible.

Grâce aux capteurs connectés, une collecte de données en temps réel fournira des renseignements précis sur le trafic de navires et de conteneurs entrants et sortants. Et, pour réduire les coûts d’expédition, les prévisions météo vont contribuer à alléger la consommation de carburant tout en optimisant la charge utile par navire.

IBM intervient au travers de sa filiale The Weather Company d’analyse de données météorologiques. De plus, un tableau de bord en temps réel est alimenté par les logiciels et technologies IoT du fournisseur pour offrir une meilleure gestion du trafic, plus sûre et plus efficace pour le port et ses utilisateurs.

Enfin, des dauphins numériques profitent des bouées et murs de quais connectés pour renseigner sur l’état et l’utilisation d’un terminal d’accostage ainsi que sur les eaux environnantes et les conditions météorologiques. Cela permet aux opérateurs portuaires d’identifier le moment et le lieu optimal pour que les navires accostent.

 

 

Auteur de l’article : la Rédaction

la Rédaction
Journaliste spécialisé, animateur de conférences et de la communauté open source OW2, Olivier Bouzereau s'intéresse au développement de services Web, aux infrastructures, au stockage et à la sécurité informatiques.

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